Construire des hommes debout, qui savent prendre la mer

Jean-François DEHECQ :
« Construire des hommes debout, qui savent prendre la mer »

Conférence inaugurale de L’Institut du Savoir Entreprendre
le mardi 17 septembre 2013, Ecole des Arts & Métiers Aix

Aux Arts et Métiers d’Aix-en-Provence a eu lieu ce mardi 17 septembre une rencontre exceptionnelle avec Jean-François Dehecq, Vice-Président du Conseil National de l’Industrie et fondateur du groupe Sanofi, qui a lancé officiellement l’Institut du Savoir Entreprendre (L’ISE) devant près de 200 personnes dont plus de 70 élèves des Arts & Métiers, présents en masse pour écouter leur ancien, de l’IAE et de Sciences Po. Plus qu’un exposé, il s’est agi de véritables échanges avec l’assemblée ponctués par des interventions de plusieurs entrepreneurs et opérateurs pour compléter son point de vue.

dehecqLa soirée a été lancée par plusieurs intervenants qui ont présenté : l’Ecole des Arts et Métiers par Denis Dufrene Professeur, l’ISE et le Réseau Excellence par Stéphane Sabord Président de l’AD-IEP, ainsi que les enjeux de l’entreprenariat dans la région. Alain Gargani, Président de la CGPME a insisté sur le plaisir de l’entrepreneur. Jean-François Dehecq a ensuite pris la parole pour exposer son parcours et sa vision de ce que doit être un entrepreneur.

« Il existe des crises qui peuvent être des chances ». C’est en ces termes que Jean-François Dehecq a démarré son exposé, avant de revenir sur la fin des années 1950 et les trente glorieuses qui représentent l’une des dernières fois où le pouvoir s’est réellement intéressé à l’industrie française. Mais aujourd’hui la situation économique dans laquelle nous sommes « peut-être une chance inouïe à condition de changer de modèle ». Pour lui tout bouge tout le temps et nous allons forcément revenir à une situation intéressante, mais pour pouvoir en profiter il faut rester « rationnel et mobilisé »

Yannick Simon, ex-DGA de RueduCommerce.com et fondateur de Kysoe (www.kysoe.com) agence spécialisée dans le référencement naturel, a pris la parole. Il est revenu sur son aventure dans l’un des plus importants sites de vente en ligne et surtout l’un des pionniers. Il a pourtant voulu devenir entrepreneur. Il cherchait avant tout à « vivre une nouvelle aventure ». Et pour lui, d’expérience, les personnes qui ont le plus d’idées innovantes sont en Europe (France, Allemagne et Grande-Bretagne). Le problème majeur est le manque flagrant de moyens.

Jean-François Dehecq a repris la parole en insistant sur le fait qu’entreprendre c’est « le plaisir de voir grandir les choses » et « que c’est avant tout une rencontre ». Mais dès que l’économie reprendra le chemin de la croissance de formidables projets vont naître. Mais il existe 5 qualités selon lui  qui sont indispensables pour qu’une entreprise réussisse :

  • Le culte de la performance
  • La créativité et l’innovation
  • Le respect
  • La solidarité
  • L’honnêteté

C’est grâce à ces valeurs que le titre Sanofi a augmenter de 1247% en bourse en 25 ans. Et pour arriver à cela il faut, selon lui, se poser la question «  comment faire autre chose autrement ? ». Et pour y arriver il faut pouvoir créer des universités au sein des entreprises ce qui permettra de déformer les jeunes diplômés qui sont généralement trop formatés en sortant des écoles. Mais avant tout c’est bien la volonté d’instaurer une joie de vivre et de la fierté qui permet à une entreprise de fonctionner plus rapidement. Tel est bien le cœur du projet de L’ISE, l’Institut du Savoir Entreprendre : se reconnecter avec l’excitation de l’inconnu.

foulePour Jean-François Dehecq, lorsqu’on veut tenter l’aventure de l’entreprenariat, il ne faut pas avoir peur de se planter et surtout ne jamais créer une entreprise seul. Hervé Trouillet, fondateur de Forge Animation, le rêve californien réalisé à Aix, a présenté les innovations qu’il a imagé pour fonder à Aix un studio d’animation capitalisé à vertu international, pari relevé sur un projet réputé impossible en France.  Mais l’entrepreneur ne gagne pas à tous les coups. Avec sincérité et simplicité Patrice Schmidt, dont sa PME n’a pas décollé, a parlé de l’enrichissement que lui a apporté cette expérience. C’est bien grâce à elle qu’il est aujourd’hui, deux ans après son échec, PDG d’un grand groupe régional de plus de 1000 personnes.

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Jean-François Dehecq a montré les pistes pour l’avenir avec les propositions du CNI, Conseil National de l’Industrie suite aux états généraux de l’Industrie, combat qu’il a mené depuis 5 ans.  Il a illustré les pistes où la France peut exceller : les 34 projets que le CNI a présenté au gouvernement pour relancer l’industrie française. Ces 34 propositions sont développées dans le document joint : « La nouvelle France industrielle », à télécharger sur notre site. Les Biotechnologies ont toutes leurs places comme l’a souligné le Professeur Jean Gabert spécialisé en biologie moléculaire auteur de nombreux brevets et créateur d’entreprises avec la Chine. Annie Albert a insisté sur le fait que le Pôle Santé – Environnement ne pouvait fonctionner qu’en rassemblant école d’ingénieur, école de management et Aix-Marseille-Université avec sa recherche médicale de pointe.

Jean-François a conclu en précisant que ces axes forts devraient être réalisable dans les 5 prochaines années, et surtout qu’il ne faut pas s’arrêter là, continuer de réfléchir et penser à plus long terme. L’enjeu des énergies renouvelable a eu également sa place dans le débat, mais celles-ci doivent être surtout plus rentables. Pour relancer l’industrie française, il va falloir dans un premier temps gagner la bataille de la compétitivité.

De nombreux participants comme l’équipe L’ISE remercient particulièrement Jean-François Dehecq pour sa disponibilité, son énergie, son soutien et surtout pour nous montrer que d’autres voies ont été possibles et le sont toujours. A nous de puiser dans ce courage, à nous d’oser nous engager vers un entreprenariat et un management plus radicale même si il est décalé. Les banalités du discours courant sont si démotivantes, alors qu’avoir le courage du plaisir de vivre par l’écoute de l’Autre est si exaltant… et engendre les résultats financiers que nous avons vu… en plus.

En remerciant toute l’équipe des bénévoles de plus de 40 personnes si impliquées depuis 3 ans, les élèves comme le directeur et les enseignants des Arts & Métiers qui nous ont chaleureusement reçu.
Un remerciement spécial à nos sponsors, Chocolats de Puyricard, Château Vignelaure, Biscotte Roger, le photographe Jean-Pierre Bonnet, Sébastien Damery de WEBCOM Provence et aux donateurs de la Fondation Arts & Métiers qui permettent d’accompagner les créateurs en se reconnectant à l’esprit d’initiative, de conquête et d’entreprise.
Marc Pavageau
Délégué

sponsors-LISE

Crédit photos : Jean-Pierre Bonet, simorgh357@orange.fr, 06 85 10 97 99

Télécharger « La nouvelle France industrielle » (pdf)

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